D’abord simple rumeur, puis un immense cri
Le stade rouge et jaune hurle et devient folie.
C’est la passion catalane, rien ne peut l’arrêter
Tout ce qui s’y oppose doit être exterminé.
Quand on est Sang et Or, on ne peut se tromper
La force s’il le faut, est là pour le prouver.
Le Parisien est paraît-il, imbu de sa personne
Résider en capitale, cela pose son homme.
Ce lieu privilégié l’a rendu détenteur
D’une science infuse, inexistante ailleurs.
Mais pour le Catalan, cela est autre affaire
De quelque lieu magique, il ne saurait que faire.
Déjà, à sa naissance, il avait les vertus
Qui naturellement, font de lui un élu.
Vous avez la parole et voulez lui prouver
Par le raisonnement, par des faits vérifiés
Qu’au courant de la chose, vous êtes dans le vrai.
Hélas ! mon bon monsieur, faut pouvoir s’exprimer.
Il élève la voix, et ne peut avoir tort
Car c’est lui, voyez vous, qui criera le plus fort.
Ce soir c’est réception. On fête Sant Jordi.
Le Catalan n’est pas radin, ses amis sont ici.
On mange, on boit, c’est normal, c’est la fête
On crie encore, le ton monte, on perd la tête ?
Mais non, car voyez-vous, quoi qu’il se passe
On se respecte toujours quand on est de la « race ».
Et moi, le Catalan, parti jadis aux colonies
J’en souris très souvent quand je suis au Pays,
Car ces défauts, qui sont preuve de caractère
J’en ai moi-même hérité de mon père et ma mère.
Le Catalan est fier et ses défauts, en vérité,
Sont peu de chose face à ses nombreuses qualités.
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